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Tadeo Lab, le labo d’innovation interdisciplinaire Colombien

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Depuis la Colombie, Amélia nous parle de son expérience au Tadéo Lab, un projet “jumeau” du CRI implanté à l’Université Tadeo de Bogota qui propose aux étudiants des cursus extra-curriculaires innovants.

Amélia Legavre

De Paris jusqu’à la Colombie, le parcours d’Amélia est placé sous le signe de l’éducation innovante. Après ses études, elle fait un service civique chez Uniscité, un incubateur de projets portés par des jeunes, grâce auquel elle développe l’idée d’ un programme sur le mieux vivre ensemble. En 2014, un stage en Inde avec l’association Design for Change – une association qui aide les jeunes à devenir acteurs de changement dans leur communauté – lui transmet le virus du voyage, et après quatre mois à cordonner le réseau éducation du CRI, elle part en Amérique du Sud afin de découvrir « comment les pédagogies sont pensées ailleurs.

Depuis plus de deux mois, elle fait donc partie de l’équipe du Tadeo Lab, un « laboratoire d’innovation interdisciplinaire » qui donne aux étudiants de l’université, et ce quelque soit leur cursus, la possibilité de suivre des cours un peu particuliers. Les cours ici ne s’appellent pas « mathématiques appliquées », « histoire moderne « ou « biologie synthétique », mais « mobilité », « environnements d’apprentissage », « créer du lien », ou encore « cuisine et recherche ».

L’objectif de ces cours aux thématiques transversales et de stimuler l’esprit d’initiative des étudiants et de créer du lien entre les différentes facultés de l’université, trop isolées les unes des autres. « Grâce à ce cursus, Les étudiants côtoient des élèves d’autres disciplines qui ont différentes manière de penser et de travailler, et avec lesquels ils doivent collaborer », explique Amélia.

etudiants en action 1

La pratique et l’initiative étudiante est au cœur des enseignements : pour chacune des thématiques mentionnées plus haut, les étudiants doivent monter ensembles des projets ayant un impact social et environnemental. Une campagne de levée de fonds pour offrir des vélos aux enfants des bidonvilles de Bogotá, un jeu coopératif à l’échelle du quartier pour créer du lien au sein de la communauté, une opération de sensibilisation pour inciter les étudiants du campus à manger sainement… tous les projets sont tournés vers le collectif et la co-construction.

Amélia travaille sur le cours « créer du lien » – enlace, en espagnol – qui mêle art et science autour du thème de la ville : « Nous essayons de penser la ville comme un corps avec différents organes, d’identifier des problèmes et d’imaginer des solutions. Par exemple un étudiant a choisis l’iris, et à partir de là s’est interrogé sur ces choses autour de nous qui ont une valeur esthétique mais qui ne se voient pas forcément. Il a pour projet de coller sur les murs de la ville des photos de ce qui se trouve plus haut, et qui n’est pas à la portée du regard. Un autre étudiant a fait une analogie entre le cerveau et les universités qui ne communiquent pas assez entre elles et peinent à diffuser les savoirs. Pour y remédier, il propose un hackathon avec les différents acteurs et habitants du quartier dans lequel se trouve l’université ».

Tout comme le CRI, l’évolution du Tadeo Lab a été rapide : en un an, ils sont passés de 10 élèves répartis dans trois cours à 200 élèves pour lesquels 8 cours ont été crées. Mais la comparaison s’arrête peut-être là. Si le Tadeo Lab a été crée après une visite du CRI par les deux fondatrices, les différences locales au niveau culturel et académique en font plus un « cousin » qu’un « jumeau ».

« Contrairement au CRI, le TadeoLab n’est pas encore ce lieu d’échange et de rencontre auprès des acteurs du changement de l’éducation. En effet, les rapports entre les associations et initiatives du territoire sont plus des rapports de compétition que de coopération, ce qui constitue l’un des défis du TadeoLab. Pour y remédier, je m’inspire notamment de ce que j’ai appris au CRI : j’essaie de développer des conférences pour promouvoir l’impact social de l’université, et de créer des ateliers où les professeurs partageraient leurs méthodes d’innovations sociales qu’ils développent pendant leurs cours. L’objectif est multiple : s’assurer que les concepts propres à l’éducation innovante sont bien mis en application, que les professeurs suivent le même cadre pédagogique, qu’ils centrent les cours sur l’étudiant et sa capacité à prendre des initiatives et non pas sur le contenu théorique. »

amelia en classe 2

A 6 semaines de son départ, Amélia tire un bilan très positif de son expérience: « Tadéo Lab m’a permis d’approfondir mes compétences en création pédagogique et de développer mes connaissances sur l’innovation sociale et le Design Thinking que je n’avais jusque là pas forcément cherché à théoriser dans le but de les transmettre. Par ailleurs, le fait de travailler avec des artistes m’a permis de comprendre que l’approche pédagogique de type académique et scientifique n’est pas la seule pédagogie. On peut travailler à partir de process plus souples, basés sur l’intuition, et faire des choses très bien. »

La fin de son expérience Colombienneest peut-être proche, mais Amélia n’a pas l’intention de rentrer tout de suite au bercail. Prochaine étape : Haiti et le collège Catts Pressoir, où pendant un mois Amélia va animer des ateliers pour les enseignants sur l’utilisation en classe du design, de l’innovation sociale et de l’apprentissage par la recherche. On la retrouve donc très prochainement avec des nouvelles d’Haiti!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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