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NightScience Kids, le congrès des apprentis chercheurs

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NightScience Kids, le congrès des apprentis chercheurs

Âgés de 7 à 12 ans et déjà férus de sciences ! Mercredi 17 juin, quarante enfants franciliens se réunissaient au cœur de l’École supérieure de physique et de chimie industrielles de Paris. Appelé « NightScience Kids », ce rassemblement d’apprentis scientifiques était l’occasion pour eux de partager des projets de recherche menés durant leur temps périscolaire.

NightScience Kids amphi

Drôle de contraste, ce mercredi 17 juin 2015, à l’École supérieure de physique et de chimie industrielles de Paris (ESPCI ParisTech). Alors que les étudiants profitaient du beau temps en se réunissant dans la cour, une partie de l’établissement était investi par… des enfants ! Et non satisfaites de s’approprier l’espace réservé habituellement aux chercheurs, ces quarante têtes blondes poussaient le jeu de substitution jusqu’à présenter des expériences scientifiques. Si la scène est cocasse, elle n’est pas anormale pour autant : il s’agit de l’événement NightScience Kids, organisé par Les Savanturiers, un programme d’enseignement porté par Ange Ansour et le Centre de recherches interdisciplinaires (CRI). Leur but ? Apprendre les sciences aux plus petits au travers de projets s’appuyant sur une démarche logique, expérimentale et encadrée. « Les enfants présents aujourd’hui ont réalisé leurs travaux durant le temps périscolaire, dirigés par des instituteurs, des doctorants ou des étudiants en master » nous explique Ève Charmant, chargée de communication pour les Savanturiers, alors que les élèves entrent dans la salle avec engouement. Les projets présentés à cette deuxième édition de NightScience Kids, initiés à la rentrée dernière, sont ainsi le fruit d’un travail de collaboration entre les écoliers et des accompagnateurs compétents.

NightScience Kids ROV Tanger
Immersion prévue fin juin 2015 pour le sous-marin de l’école Tanger.

Parmi les différents ateliers d’expériences scientifiques, celui de l’école Tanger, située dans le XIXe arrondissement, attire rapidement l’attention. Posé sur une table, un enchevêtrement de tubes en PVC laisse émerger des fils électriques. A côté : un écran d’ordinateur présentant une image de la salle. Lorsque les plus curieux s’approchent des tuyaux en plastique, ils se voient apparaître sur l’écran numérique. Une caméra se cacherait donc dans cette bien étrange sculpture ? En fait, il s’agit là d’un sous-marin artisanal équipé d’une caméra pour explorer le canal de l’Ourcq. L’ordinateur fait alors office de cockpit séparé pour rester les pieds au sec. Aurélien Brendel, enseignant et encadrant du projet, nous éclaire : « les élèves se sont demandés ce qu’il y a dans le canal. Ils ont dégagés une problématique et réfléchis à comment explorer le milieu aquatique ». Guidés par leur instituteur, les enfants se sont alors dirigés vers l’élaboration d’un véhicule télécommandé (ROV en anglais) sous-marin. « Je savais déjà où je voulais aller au début du projet » nous assure Aurélien. Pour autant, la construction du submersible n’a pas été évidente : « un ROV en open source coûte environ 1 500 € de matériel, il fallait donc trouver des matériaux moins chers » ajoute-t-il. C’est ainsi que les élèves ont pris part au prototypage en choisissant un matériau étanche comme les tubes en PVC. Et si la partie électronique a été prise en charge par le CRI, les enfants sont tout de même allés jusqu’à s’essayer à la programmation pour contrôler le véhicule. « Nous avons utilisé Scratch, un langage de programmation simplifié pour les petits » explique Aurélien. Développé par le Massachussetts Institute of technology (MIT), ce langage se base entre autre sur des codes couleurs pour différencier des actions, et ainsi faciliter la construction logique de commandes à donner au ROV.

Derrière l’aspect bricolage et informatique se cache en réalité toute la philosophie des savanturiers : l’éducation par la recherche. Car avant d’en arriver là, les enfants ont dû commencer par dégager des hypothèses sur les objets et animaux présents dans le canal de l’Ourcq. Notés dans leur carnet de laboratoire : « cygnes » ou  « bouteilles plastiques » montrent déjà l’aptitude à raisonner et à envisager les possibilités. Mais plus surprenant encore, les élèves sont allés jusqu’à demander l’étude d’une goutte d’eau du canal au microscope. « Ce sont véritablement eux qui ont proposé l’idée, et c’est une chose à laquelle je ne m’attendais pas » nous raconte Aurélien Brendel. Dès lors, un partenariat s’est mis en place avec Laurent Moulin, responsable de recherche et développement en biologie au sein de l’opérateur Eau de Paris. Avec son expertise, les jeunes chercheurs ont alors exploré le monde des micro-organismes aquatiques. Puis, avant de passer à la construction du sous-marin, il a fallu apprendre à mesurer la transparence de l’eau en utilisant un disque Secchi, dont le concept repose sur l’observation de contrastes, la mesure et l’étude des résultats. « J’ai vraiment apprécié travailler sur tout un champ interdisciplinaire, de la biologie jusqu’à l’informatique » conclut Aurélien. Un engouement à coup sûr partagé par les enfants, qui en ce mercredi 17 juin sont même allés jusqu’à présenter leurs travaux dans un amphithéâtre aux autres élèves et encadrants. Un véritable congrès de chercheurs en herbe, clôturé comme il se doit par… Un goûter, évidemment !

Written by Benjamin Vignard

Après une formation en physico-chimie moléculaire, je me suis dirigé vers l'apprentissage du journalisme et de la communication scientifique à l'université Paris Diderot.

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