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Bonne résolution pour la rentrée: tester la science citoyenne!

Eyewire

En ce début d’année académique, j’ajoute une nouvelle ligne à ma liste de bonnes résolutions des années précédentes – à côté de « faire du pilate », « apprendre le mandarin » et « trier mes papiers »- et j’écris en gros: “tester une application de sciences citoyennes”.

Les applications de sciences citoyennes, c’est un peu comme les Fablabs : tout le monde en parle, mais personne n’a jamais vraiment essayé. Et pourtant, on ne le dira jamais assez, c’est for-mi-dable. Car la science citoyenne donne à tous, scientifiques en herbes, spécialistes à la retraites, amateurs et même gamers la possibilité de contribuer à la recherche, rien de moins que ça.

La science citoyenne est de plus en plus populaire ; elle n’est pourtant pas, comme beaucoup le pensent, un phénomène nouveau. En effet, la science citoyenne désigne toute initiative d’un-e citoyen-ne amateur-trice contribuant à la recherche scientifique. Or, la science ne s’est véritablement professionnalisée qu’au XIXe siècle, et fait régulièrement appel au profane et à l’amateur, comme l’explique très bien cet article publié dans la revue Cairn.

Credit: Brown University.

Il est vrai cependant que les nouvelles technologies ont donné une dimension nouvelle aux science citoyennes, puisque grâce à elles la recherche peut massivement faire appel  à “ la sagesse  des foules” pour collecter ou analyser des données. C’est le principe du  crowdsourcing (ou myrmidisation en Français, terme cependant peu utilisé, sûrement parce que difficilement prononçable!).

Un des projets pionnier fut SETI@home, qui utilise depuis 1999 l’énergie des ordinateurs reliés de volontaires pour la recherché d’une intelligence extraterrestre (SETI). Rien de très bien excitant me direz-vous – si on met de côté l’aspect recherche d’OVNI – puisqu’il s’agit seulement de faire tourner le logiciel BOINC sur son ordinateur. Mais rassurez-vous, il existe aujourd’hui de nombreux projets requérants différents degrés d’implication, à choisir en fonction de votre motivation, vos intérêts, le temps dont vous disposez…

Vous pouvez par exemple contribuer en tant que “citoyen capteur” en  collectant des données que vous enregistrez dans votre téléphone et qui sont ensuite utilisées par les chercheurs. Effectuez par exemple des relevés sur la pollution urbaine avec Noisetube et CitizenAir et collectez des données sur votre propre état de santé avec PatientsLikeMe ou votre capacité d’attention avec Daydream. Vous pouvez également recenser la faune et la flore autour de vous, avec des app comme Project Noah (http://www.projectnoah) et eBirds.  Si aucun de ces projets de collecte de données géolocalisées ne vous tente, sachez que vous pouvez créer le vôtre gratuitement sur Epicollect (c’est pas genial ça?)

Mais personnellement, j’aurai tendance à me pencher vers les projets qui font appel à mon cerveau. Ca tombe bien, de nombreux projets s’appuient sur les capacities humaines d’analyses visuelles, domaine où l’homme est pour l’instant plus performant que les ordinateurs.

Le projet Galaxy Zoo qui propose de classifier des galaxies est l’un des plus connus: dès leur première année, en 2007, 50 milions de classifications effectuées par 150, OOO personnes ont été enregistrées! Ce projet a ensuite donné naissance à une plateforme, Zooniverse, qui regroupe des projets dans le domaine de l’astronomie, le climat, les sciences humaines, la nature, la biologie et la physique.

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Classifiez des galaxies sur Zooniverse.

Pour les plus joueur, il existe même des app de sciences citoyennes qui essaient de lier l’utile à l’agréable, en vous proposant des app au design soigné et au gameplay bien pensé. Apparemment, la biologie se prête bien à cette “gamification” de la science citoyenne, comme l’attestent la liste suivante:

  • FoldIt: Le plus connu, il se présente comme un “puzzle” et propose en fait de plier des modélisation de protéines de manière aléatoires.
  • EteRNA: Sur le même principe que FoldIT, il s’agit de combiner des molecules (RNA) en fonction de leur propriétés pour gagner des points.
  • Udock: jeu Français développé au Centre National des Arts et Métiers qui peut se jouer à plusieurs. Ce jeu invite le joueur à imbriquer des molécules les unes dans les autres en function de leur couleur et de leur forme.
  • Nanocrafters: il s’agit d’utiliser des pièces D’ADN pour construire tout et n’importe quoi, du circuit d’odinateur à des nanos-machines, tout en contribuant à la recherche.
  • Phylo: sorte de Tetris biologique, où il faut aligner des sequences d’ADN à la manière d’un puzzle. Gene In Space: développé par UKRC, est selon moi le jeu plus réussi: à bord d’un vaisseau spatial, collectez des elements dans l’espace et analyses de cette manière des données génétiques pour lutter contre le cancer.

Libre à chacun de découvrir si ces jeux peuvent rivaliser avec Tetris, Sudoku ou Candycrush, mais ce qui est sûr  c’est que eux seuls ont la capacité de vous faire figurer parmi les auteurs d’une publication scientifique à la renommée internationale! C’est qui est arrivée en 2011 à quelques uns des plus grands contributeurs de FoldIt, qui ont aidé à comprendre la structure d’une protein impliquée dans le développement du HIV et ont ainsi vu leur nom inscrit en tête d’une publication de Nature.

Mais pour en arriver là, il faut s’investir sur la durée… Alors, on s’y mets quand?

Written by admin

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